17ème nuit
Elle l'a attendu longtemps à Stormwind, patientant non loin du maître des griffons, les yeux dans le vague guettant son arrivée. Il lui avait promis qu'il arrivait vite mais une Hilneth a eu besoin de ses services d'escorte pour un rendez vous dans le parc de la ville. Quand les douves et le pont de l'entrée l'ont lassé, elle s'est transformé en un magnifique félin et a pris la direction du parc.
Son cœur a bondi quand elle a reconnu sa silhouette caractéristique dans le petit groupe qui discutait. Se fondant dans les ombres, elle l'a sciemment frôlé avant d'aller se coucher au pied du Puits de Lune. Elle sait qu'il l'a vu, elle sait qu'il se retient de jeter des coups d'œil vers elle, et elle profite sans vergogne de l'occasion pour l'observer, bien camouflée.
Elle se délecte de le voir, de le respirer, de savoir qu'il se tient à quelques pas d'elle et que, dans peu de temps, elle pourra profiter de la chaleur de ses bras. La discussion semble s'envenimer avec l'arrivée d'un nouveau venu. Elle ne le connaît pas, tout comme elle ne connaît pas la jeune elfe qui discute avec Mahelys. Ce ne sont pas ses affaires, et ils emploient des mots tellement bizarres...
Elle décide d'aller se dégourdir les pattes, et quand elle revient ils ont disparus... Elle suit leur odeur jusque dans la forêt : celle de Mahelys, mais surtout celle de Cën, qu'elle est capable de reconnaître les yeux fermés tellement elle est imprégnée dans sa mémoire. Elle passe non loin de la petite maison où ils se trouvent et se dirige vers les Carmines.
A nouveau, elle attend longtemps, s'inquiétant de ce rendez vous qui dure... Quand il est arrivé, elle était tellement heureuse de le voir qu'elle a eu un temps d'arrêt, sans oser l'approcher. Il a alors ouvert les bras, et elle s'est jeté à son cou en tremblant d'émotions. Elle n'arrivait pas à le lâcher, se délectant de son contact, de ses mains sur ses hanches et de sa bouche sur la sienne. Il était enfin là, et elle se sentait à nouveau vivante, plus rien d'autre n'existait à ses yeux.
Elle a voulu lui montrer ce qu'elle avait enfin obtenu après des dizaines de tentatives toutes plus frustrantes les unes que les autres : sa coiffe du Cœur Sauvage. Il a sourit, puis son visage s'est fermé quand elle a prononcé le nom d'Yijael, celui qui l'a aidé à la gagner. Elle n'a pas compris tout de suite ce qui le mettait dans une colère noire... Très vite la conversation a pris un ton déroutant :
- Il vous a touché ? - Il a essayé, répondit elle en souriant toujours, tripotant sa coiffe toute neuve. - J'vais le tuer... - Oh non ! Il a été tellement gentil de m'aider ! et il m'a sauvé la vie plusieurs fois !
A ce stade, Cën semblait bouillir de rage.
- Il ne fait jamais rien pour rien - Mon cœur... Il m'a juste mis la main aux fesses deux ou trois fois, pas plus... Pas pire que quand je vais soigner dans les champs de bataille tu sais...
Cën n'a pas répondu, elle a donc continué très vite, finissant de crever un abcès qui n'avait pas lieu d'être. Elle rougissait en baissant la tête :
- Il m'a aussi demandé un bisou en guise de remerciement et il a tourné la tête au dernier moment.... - La main aux fesses... comme à une vulgaire catin... Le ton de Cën était rageur - Et il vous a embrassé ? Il est mort !
Un silence, et Cën a repris :
- Il vous plaît ? - Pardon ?" Elle a relevé la tête, outrée - Oui bien sûr... Il plaît à tout le monde..." Le ton était amère. - Comment ça ? Me plaire ? - Pourtant, il est beau, drôle... rebelle...
Elle était complètement décontenancée mais a rit :
- Beau ? avec sa moustache et ses lunette ? Cën... je t'ai trouvé amusant, c'est vrai, mais juste parce qu'il me distrayait, et que ça m'évitais de broyer du noir en pensant à toi... Mais il n'y a que toi dans mon cœur, tu devrais le savoir ... - C'est un voleur... et il vole surtout des cœurs ! - Comment pourrais je tomber amoureuse d'un type qui appelle toutes les femmes "chérie" ?
Un temps d'arrêt... et Cën reprend
- On vous met la main aux fesses sur les champs de bataille ?
Elle s'énerve un brin :
- Ecoute Cën, on m'a mis la main aus fesses aussi bien sur les champs de bataille, qu'en ville ou ailleurs ! A croire que mon postérieur est un aimant pour les mains des types en mal d'affection ! Et là j'ai pris soin de rester la plupart du temps hors de portée de ses mains, pour lui éviter la tentation ! Par Elune ! Il a même mis la main aux fesses sur Malicia ! ça doit être un réflexe chez lui, c'est pathologique !
Elle a fait une pause et a ajouté, un peu pour elle-même :
- Pis je dois pas lui plaire, j'ai de trop petits seins pour lui alors... - Vos seins sont parfaits ! - C'est tout ce que trouves à me dire ? - Je vous fais confiance. Mais j'aime pas le voir traîner autour de vous. - Tu n'iras pas le tuer alors ? - J'aime pas savoir que des soudards vous touche et vous manque de respect.
Elle a sourit, amusée :
- J'ai déjà distribué quelques baffes à ce propos tu sais ? - Hum... Vous auriez dû faire de même, a-t-il dit en souriant. - Hmmm t'es trop grand pour moi... et toi... c'est pas pareil... ça n'a jamais été pareil... - Vous avez cru que je vous manquais de respect ? - Non... tu m'as surprise, je te l'ai dit. Je... ne connaissais pas cette partie de tes fonctions au sein du Clan - J'en avais envie aussi
Elle a rougit :
- Oh, tu ne me l'avais jamais dit auparavant. - Je vous trouvais séduisante, et votre façon de me parler à l'auberge, votre façon d'être avec moi... - Tu avais appréciée ma tenue je crois... - Je vous avais dit que c'était normal que les mâles vous tournent autour avec cette robe qui dévoilait vos hanches et vos cuisses. - Je vous ai proposé de passer la nuit avec vous. Et j'en ai eu encore plus envie quand j'ai su que vous étiez vierge. - Oh... - Votre attitude vis-à-vis des hommes... ça vous serait arrivé de toute façon. Vous êtes belle, douce et sensuelle, je pensais pouvoir vous faire découvrir ça comme vous le méritiez...
Elle a murmuré :
- si tu savais le nombre de fois où des hommes ont voulu passer la nuit avec moi... - Pourquoi moi ? Vous ne m'aimiez pas encore... - Pourquoi ?
Elle a marqué un temps d'arrêt, pour mieux ordonner ses pensées et calmer son cœur qui battait la chamade dans sa poitrine.
- Parce que... Quand tu m'as embrassé, mon cœur a fait un bond comme s'il allait sortir de ma poitrine... parce que tu es celui en qui j'ai le plus confiance... parce que je te trouvais attirant avant, avec cette déférence envers les druidesses... Parce que je savais que tu ne me ferais aucun mal... pour moi c'était une certitude... - C'était une évidence... Je vous aime Khâline. - Et aussi... parce que je n'en avais jamais eu envie auparavant... je veux dire... jamais je n'avais perdu la tête quand on m'embrassait alors que... avec toi j'ai carrément oublié où nous étions... Je t'aime Cënëdril... - Je veux qu'il n'y ait plus que nous... - Il n'y a plus que toi... à tout jamais...
Il lui a caressé le ventre en souriant et elle a répondu à son sourire:
- et lui ? - Lui ? Je l'aime parce que c'est toi qui me la donné. Cën... Même si on a pas fait attention... Je suis fière de porter ton enfant... notre enfant...