La nuit, quand je me couche à côté de lui, je ne m’endors pas tout de suite. Non. Je l’écoute respirer dans le noir, et souvent il se tourne vers moi et m’enlace, nichant ma tête contre lui, serrant mon corps contre le sien. Et là, je suis bien. Du coup, mon cerveau turbine à une allure folle, et je regrette de ne pas pouvoir noter tout ce qui me passe par la tête.

Dans ses bras, la nuit, j’écris. En moi tournent les mots que je voudrais coucher sur le papier, en moi une histoire prend forme, qui change, fluctue un peu, mais qui, peu à peu, prend une tournure qui me plait. Je sais que je vais l’écrire. Des morceaux existent déjà, je dois l’écrire pour ne pas que cette histoire meurt en moi.

Aligner des mots, leur donner un sens, changer la tournure, cela fait des mois que je fais cela en fait. Ces morceaux de RP que j’offre au monde, ces textes qui coulent de mes doigts à une vitesse ahurissante, je ne peux pas les garder en moi. Non, ils veulent prendre leur envol, ils veulent vivre leur petite vie, qui suis je pour les retenir ?

Mais là, il ne s’agit plus de quelques scènes non. Mais une histoire complète, complexe, qui veut voir le jour et que je retiens en moi depuis des mois. Et quand le fleuve menace de déborder, il vaut mieux l’endiguer que de laisser l’eau se répandre anarchiquement et tout détruire sur son passage…