Mes nuits sont plus belles que vos jours (4/20)
Par Toonnette le Dimanche, décembre 21 2008, 16:41 - RP : les textes - Lien permanent
7ème nuit
Une vague impression de malaise, une légère nausée, et elle est debout, un peu désorientée. Le sol de la cabine tangue un peu, elle se tient au mur pour ne pas tomber attendant que la nausée s'atténue.
"Mais quelle idée de dormir dans un bateau, même à quai !"
Les fruits sur la table ne la tentent pas, mais elle boit avec plaisir, se sentant revivre au contact de l'eau fraîche. Il est encore tôt, le soleil est en train de se lever dans la baie, et dans la clarté du jour nouveau, elle constate que la lourde armure de plaque est toujours en tas sur le seuil de la porte.
7ème nuit
Une vague impression de malaise, une légère nausée, et elle est debout, un peu désorientée. Le sol de la cabine tangue un peu, elle se tient au mur pour ne pas tomber attendant que la nausée s'atténue.
"Mais quelle idée de dormir dans un bateau, même à quai !"
Les fruits sur la table ne la tentent pas, mais elle boit avec plaisir, se sentant revivre au contact de l'eau fraîche. Il est encore tôt, le soleil est en train de se lever dans la baie, et dans la clarté du jour nouveau, elle constate que la lourde armure de plaque est toujours en tas sur le seuil de la porte.
Fredonnant une mélodie légère, elle ôte la robe dans laquelle elle a dormi et qui, lui semble-t-il a rencontré un certain succès hier soir (elle rougit en pensant à la nuit passée), se lave dans le seau d'eau qu'il a gentiment déposé près de la table et soupire en voyant le bazar dans son sac.
Quelques minutes plus tard, elle est sur le pont et l'aperçoit, immense, torse nu, accoudé au bastingage, contemplant la mer. Elle s'approche doucement de lui mais il entend son pas, si léger soit-il et se retourne pour la prendre dans ses bras afin de l'embrasser avec une infinie tendresse.
Il murmure : "Ce soir ?" et elle acquiesce le cœur battant. Elle a compris que, pour l'instant, si les nuits leurs appartenaient, les journées demeuraient des abîmes de tristesse qui les tiennent éloignés l'un de l'autre.
Elle sourit en pensant au stratagème auquel elle a eu recours la veille pour le toucher en public et devant Naneth en plus ! Elle volait au dessus de Shattrah, avec la vague idée de se rendre à la banque pour ranger, une fois de plus les sacs de la guilde quand elle l'a reconnu au milieu de la foule qui se pressait au comptoir. Sans réfléchir, elle a piqué droit sur lui, reprenant sa forme originelle pile au moment de l'impact. Il n'a pas bougé d'un pouce, à peine étonnée de la voir débouler ainsi, mais elle a pu voir le sourire qu'il cachait sous son casque, avant de glisser lourdement sur le sol.
Elle... Son cœur battait à tout rompre, son sang chantait dans ses veines sous le regard tendre qu'il portait sur elle. Elle a rougi, bafouillé une vague excuse, et prétexté une bosse pour rester quelques minutes de plus auprès de lui et de Naneth qui s'inquiétait un peu. Elle écoutait Naneth lui prodiguer des conseils "Faites attention quand vous volez, restez concentrée, c'est dangereux de voler" Et elle lui a rétorqué innocemment qu'elle "préférait tomber dans les bras de Cënëdril que dans ceux du banquier", et ce malgré l'armure de plaque. Naneth n'a pas semblé relever le double sens de sa phrase, heureusement !
"De toute façon, songe-t-elle, c'est plus facile de le viser lui que n'importe qui d'autre..."
Il la lâche enfin, après une dernière étreinte et elle quitte le bateau, heureuse de retrouver la terre ferme. Au bout de quelques mètres, elle se dit que c'est bien le tangage qui a induit son malaise tout à l'heure et a déjà oublié l'incident quand elle loue un griffon pour se rendre à Stormwind.
Elle profite du long voyage pour se remémorer quelques bribes de la dernière nuit...
Ils ont été dans un endroit effrayant, peuplé de ce qui lui a semblé être des démons, afin de récupérer des objets à donner à l'éminence de L'Aldor. Ils ont passé des heures à combattre côte à côte, souvent sans parler, simplement heureux d'être ensemble. Il semblait moins taciturne que la veille, et plus enclin à la taquiner, ce qui l'a remplit de joie. Elle s'est surprise à rires aux éclats plusieurs fois devant ses blagues, le taquinant un peu en retour, oubliant quelques heures l'épée de Damoclès qui pèse sur leur destin.
Elle le soupçonne quand même de l'avoir laissé gagné la course jusqu'au Bastion, juste pour obtenir un baiser supplémentaire! Mais là où il l'a le plus surpris, c'est quand il a montré quelque signes de jalousie.
Ils ont en effet croisé un chasseur, ressemblant vaguement au guerrier. Ressemblant ? Elle ne le sait pas, en fait, elle n'a même pas jeté un coup d'œil dans sa direction. Elle était trop occupée à le regarder manier sa lourde épée, imaginant ce qu'elle ferait de lui quand il ôterait son armure...
Quand soudain, sans prévenir il lui a dit d'un air un peu malheureux :
- Ne vous trompez pas hein !
Elle n'a pas compris sur l'instant ce cri du cœur, et il lui a dû lui expliquer qu'il trouvait que le chasseur devait lui ressembler et qu'elle risquait de le soigner à sa place
Mais, par Elune, comment peut-il penser une chose pareille ? Comment imaginer qu'elle puisse trouver quelqu'un pour le remplacer LUI dans son cœur à ELLE ? Elle a pris le taureau par les cornes et lui a demandé si, par hasard, il ne serait pas un peu jaloux...
Il a commencé par le nier, et a fini par avouer qu'il n'avait pas le droit de l'être.
Elle pense :
"Mais comment peux tu penser que je regardes un autre que toi maintenant ? Je t'ai donné mon cœur, mon âme et mon corps tout entier... Tu es le seul, l'unique, celui que j'aime, celui dont l'absence me déchire et dont le moindre souffle me fait chavirer de désir... Aucun autre homme ne peut exister après toi mon amour... Je range chaque nuit passées ensemble comme une pierre précieuse dans mon cœur, je tisse des colliers de perles éphémères, je chéris chaque instant passé à tes côté, c'est ton amour seul qui me fait tenir le coup, je ne vis que pour les instants que je passe près de toi... Je ne veux pas te perdre..."
Les larmes lui montent aux yeux quand elle repense à ce qu'il lui a dit au plus fort de la passion :
"C'est pas juste... qu'on doive se cacher, je voudrais te faire l'amour aux yeux de tous pour qu'on sache qu'il n'y a plus que toi pour moi..."
Le maître des griffons n'a pas osé poser de question à cette jeune elfe qui lui tendait les rênes, les joues baignées de larmes.
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