Mes nuits sont plus belles que vos jours (10/20)
Par Toonnette le Samedi, décembre 27 2008, 16:51 - RP : les textes - Lien permanent
11ème jour/12ème nuit
Elle s'est éveillée, mieux reposée, et sans avoir froid comme la veille. Le corps de Cën l'a protégé de la fraîcheur de la terre, et il se révèle être une alternative très confortable pour dormir, par rapport au sol dur. Le camp est agité des bruits qu'elle commence à reconnaître : le bébé qui pleure, l'eau qui chauffe sur le feu, les chasseurs qui vont et viennent...
Pas de trace de Cën... Elle va faire son brin de toilette dans le lac, rêvant d'un bain chaud parfumé à la Feuillerêve. Elle tente d'ignorer son ventre qui réclame sa pitance, en se demandant si, aujourd'hui, elle continue à tresser son cuir, ou si elle passe à autre chose. Elle retourne à petits pas près de son paquetage, et, comme la veille, un thé chaud et sucré l'attend. Mais cette fois, elle a le temps d'apercevoir Bedrael qui s'éloigne, l'air de rien.
11ème jour/12ème nuit
Elle s'est éveillée, mieux reposée, et sans avoir froid comme la veille. Le corps de Cën l'a protégé de la fraîcheur de la terre, et il se révèle être une alternative très confortable pour dormir, par rapport au sol dur. Le camp est agité des bruits qu'elle commence à reconnaître : le bébé qui pleure, l'eau qui chauffe sur le feu, les chasseurs qui vont et viennent...
Pas de trace de Cën... Elle va faire son brin de toilette dans le lac, rêvant d'un bain chaud parfumé à la Feuillerêve. Elle tente d'ignorer son ventre qui réclame sa pitance, en se demandant si, aujourd'hui, elle continue à tresser son cuir, ou si elle passe à autre chose. Elle retourne à petits pas près de son paquetage, et, comme la veille, un thé chaud et sucré l'attend. Mais cette fois, elle a le temps d'apercevoir Bedrael qui s'éloigne, l'air de rien. Elle sourit, amusée et s'empare de la tasse fumante.
Elle fait un peu de rangement, tri les lanières en fonction de leur longueur et reprend sa tâche monotone, les doigts gourds. Le va et vient des lanières l'hypnotise un peu et lui fait oublier qu'elle a faim. La matinée passe comme dans un rêve, son attention uniquement fixée sur ses doigts qui commencent à trembler légèrement. Elle sent que ce troisième jour de jeûne commence à saper ses forces, mais reste stoïque sous les regards curieux que lui jettent les membres du clan.
Elle s'assoupit sur le coup de midi, et ce sont les pleurs du bébé qui la sortent de sa torpeur. Son cœur manque un battement en voyant Cën à quelques mètres d'elle, sortant de la hutte de Naneth l'air assez ennuyé. Elle se rend compte que Naneth est là, entourée d'autres druidesses et que la discussion semblait animée avant son réveil. Un peu désorientée elle se redresse et passe une main dans ses cheveux en baillant.
Naneth est en train de préparer du thé, et en propose à tout le monde, même à elle. Elle accepte le thé, mais une altercation commence quand elle refuse un des gâteaux que lui propose Naneth. Cën, lui, a accepté celui que Naneth proposait, et en il en a aussi pris un pour la petite qu'il tient dans ses bras.
- Vous allez me laissez comme ça longtemps, plantée avec cette stupide boîte de gâteaux ? - Je n'ai pas faim, je ne pourrais pas en avaler!
Les druidesses observent la scène, sans trop comprendre, ni oser intervenir. L'une d'entre elle tente de poser une question, mais Naneth s'emporte et la colère la fait trembler.
- Elle veut que je lui donne Cënëdril ! et comme je refuse, elle a décidé de rester devant ma hutte sans se nourrir ! - Je n'ai pas demandé à ce que vous me le donniez ! Juste qu'on puisse vivre notre amour ! Elle a haussé la voix pour que tout le monde comprenne bien le sens de ses paroles, qu'elle a choisi avec soin. Naneth renchérit : - Et elle porte l'enfant de Cënëdril ! Elle estime que c'est une bonne raison je suppose... Cën appartient au Clan. - Elle murmure :
- Cën a le droit d'aimer qui il veut... - Cën est un sang pur ! il se doit au clan ! Le Clan passe avant tout ! Qui va perpétrer la lignée des Daendil si ce n'est lui ?
Naneth a entamé un monologue, qu'elle semblait connaître par cœur, sur le fait que Cën se doit d'être le mâle reproducteur de la lignée, qu'il est le seul à pouvoir faire ça... Tout ce discours sonnait à ses oreilles comme de vaines tentatives d'esquiver le sujet essentiel, quand, faisant volte face, rouge de colère Naneth l'a a nouveau attaqué de front.
- Vous voulez me faire passer pour un monstre ? Soit. J'en serais un. Je préfère être un monstre plutôt qu'un animal qui se laisse mourir et qu'on prend en pitié !
Bien décidée au départ à ne pas répondre à la provocation, elle n'a pu empêcher les mots de jaillir :
- Ce n'est pas de moi dont vous devriez vous occuper le plus... mais de Cën... Vous dites qu'il vous appartient, mais vous ne lui demandez pas ce que lui il ressent... alors que moi... Je sais qu'il souffre le martyr de me voir là, et que cela ma brise le cœur de lui faire autant de mal... Pouvez vous en dire autant à son sujet ? Vous ?
Le ton s'est fait accusateur, presque brutal. Naneth semble bouillir :
- Et pourtant... Vous continuez... Vous savez qu'il en souffre, et vous continuez à rester sous ses yeux ? - Autant qu'il puisse me voir... parce que si je n'étais pas là, il partirait pour me rejoindre... Et cela... je refuse qu'il le fasse. - Jamais il ne partirait ! - Vous en êtes sûre ? Vraiment ?
C'est alors qu'il est intervenu, brisant le silence dans lequel il se tenait depuis le début.
- Naneth... - Quoi ? - Je... J'y ai pensé... et vous savez ce qui me retient !
Pendant cet échange, elle a senti le regard de Cën qui la regardait par en dessous, guettant une réaction. Elle est restée une nouvelle fois stoïque, ne montrant pas une seule seconde que son cœur se désagrégeait lentement dans sa poitrine, au fur et à mesure du tour que prenait la conversation. Merende s'est brusquement détournée, a pénétrée dans sa hutte et tout le monde a pu entendre le remue ménage qu'elle y a provoqué. Le bébé c'est réveillé et s'est mis à pleurer. Et quelques instants plus tard, une ancienne berceuse a retenti tandis que le bruit s'arrêtait.
Cën s'est alors approché d'elle, la suppliant
- Restez... mais mangez ! - Je... je ne peux pas... tu le sais bien... - S'il vous plaît !
Naneth est sortie de la hutte, les yeux rougis, tenant la petite fille dans ses bras. Ignorant les personnes présentes, elle l'a confiée à l'un des chasseurs du Clan avant de partir sans mot de plus pour Shattrah.
En soupirant, elle a senti la tension quitter ses membres, et s'est mise à fouiller dans ses ballots. Elle en a tiré une belle peau, l'a retourné pour que les poils reposent sur ses genoux, et a commencé à gratter le cuir pour en ôter la sous couche. Elle n'a pas fait attention à la conversation qui se déroulait entre Cën et les druidesses, c'était les affaires du Clan, elle n'avait rien à y voir. Quand elles sont parties, Cën c'est approché d'elle pour lui parler. Heureusement qu'elle était assise, elle savait que ses jambes ne pourraient la porter pour affronter son regard.
- Elle ne cédera pas... Ne serais que pour ne pas perdre la face. - Si un cadavre devant sa hutte ne la gêne pas... - Je crois que vous avez faim - Je... je ne peux pas manger. Si je mange, jamais elle n'acceptera que tu sois à moi. - Je préférerais vous voir tout les jours heureuse dans les bras d'un autre et m'avoir oublié plutôt que de vous laisser mourir à cause de moi. - Cën... tu sais très bien que si je pars... tu auras envie de mourir aussi... - Qu'il en soit ainsi ! au moins... ça sera rapide ! - Et donc... tu voudrais que je vive avec ça sur la conscience ?
Ce n'était pas les mots qu'elle aurait voulu dire... mais la conversation a été brutalement interrompue, un druide faisant partie de la horde a surgi entre eux et a filé vif comme l'éclair. Trop fatiguée pour le poursuivre, elle s'est fondue dans les ombres en forme de panthère et Cën n'a pas tardé pas à la rejoindre. Il fait alors un geste qu'il n'avait jamais fait. Il enfoui sa tête dans son cou, la caressant comme un gros chat. Elle allait poser sa tête sur son épaule quand, soudain, il s'est entaillé le doigt et l'a fourré dans sa gueule, d'un geste décidé. Elle a eu un recul, ne comprenant pas mais lui faisant confiance quand il lui a dit :
- Le goût du sang... ça devrait réveiller votre instinct !
Sous le choc elle est redevenue elle-même, vacillant en reprenant sa forme d'elfe. Il la retenu contre lui et elle n'a pas résister à lui lécher le doigt, titillant du bout de la langue la blessure qu'il venait de se faire... Pour elle. "Par Elune... Une de plus à mettre à mon actif, et il faut que ça soit encore lui qui en souffre, sans rien dire. Mais je suis un monstre!" Son cœur battait à tout rompre, ses pensées tourbillonnaient, la faim la taraudait, lancinante maintenant que le goût de son sang avait imprégné ses papilles.
- Tu ne devrais pas faire ça... J'aurais pu te blesser ! - La prochaine fois c'est ma gorge que je mettrais dans la gueule de la panthère ! - Je t'en prie... - Quitte à me tuer, autant que vous le fassiez vous-même non ?
Elle a blêmit, fermé les yeux, imaginant la scène, sur le point de s'évanouir. Le tuer ? Lui ? Non. Par Elune ! Pas ça !
Elle a alors murmuré :
- D'accord. Je mange. Mais seulement si c'est toi qui me nourris. Je le fais seulement pour toi...
Il lui a sourit et lui a promis qu'il allait devenir le plus grand cuisinier d'Azeroth pour elle. Il a été lui chercher des fruits frais qu'il a minutieusement pelés et coupés en petit morceaux avant de lui tendre l'écuelle. Elle a refusé en souriant, et il s'est approché d'elle, entreprenant de lui donner la becquée comme à un oisillon : prenant les morceaux de fruits un par un, il les trempait dans le miel avant de lui déposer dans la bouche. Il la regardait manger avec un léger sourire, et elle pouvait voir dans son regard tout le soulagement qu'il en éprouvait.
- Merci mon amour... - Je le fais pour toi... Seulement pour toi... et je n'accepterais de nourriture que de ta part...
Il ne lui a pas répondu, mais l'a serré dans ses bras avant de lui murmurer :
- Je dois partir... A ce soir... Vous pouvez vous installez dans ma hutte si vous le voulez. - Non ! - Pourquoi ? Elle ne vous plait pas ? - Non... Ce n'est pas ça... Mais je ne peux pas vivre dans ta hutte si tu n'y es pas... Je préfère dormir dehors... J'ai l'habitude..
Il a soupiré, l'a serré une dernière fois contre lui, et elle l'a regardé s'en aller, priant Elune pour qu'il ne prenne pas de mauvais coups dans la vieille tour. C'est seulement à ce moment là qu'elle a remarqué que le soleil descendait sur l'horizon, la nuit n'allait pas tarder à tomber.
"Je perds la notion du temps quand je suis avec lui..."
Elle était déjà couchée quand il est revenu de la vieille tour. Il est passé à côté d'elle sans un mot, ni un regard, se dirigeant vers sa hutte, et elle a cru qu'il avait oublié sa promesse de la rejoindre. Elle ressassait cette idée, se demandant ce qui avait bien pu se passer, quand il a surgit de la nuit, portant une écuelle dans une main, et des fourrures chaudes dans l'autre. Sans un mot, l'air complètement éreinté, il a commencé par lui donner quelques morceaux de fruits, puis l'a gentiment bordé avec ses fourrures. En l'embrassant sur le front il lui a soufflé "Je reviens après".
Elle n'a pas retrouvé le sommeil tout de suite, son imagination galopante l'imaginant en train de s'endormir dans les bras de Naneth. Elle était enfin en train de sombrer quand elle l'a senti qui se glissait sous les fourrures. Et ce n'est qu'une fois à l'abri de ses bras qu'elle a connu un repos réparateur.