Voilà la réponse que je viens de lui faire... Je n'allais pas lui dire que j'avais les larmes aux yeux à cause d'une note dans le blog de "emmalatulipe" qui parlait de l'enterrement d'une enfant.

Non. Je n'allais pas exercer ce pouvoir de lui faire du mal parce qu'il sait que j'éprouve moi même de la tristesse. Pour une enfant inconnue... Mais si jeune...

Les larmes montent lentement, je revois tout les cercueils que j'ai déjà côtoyés. Le 1er à 5 ans... C'était mon grand père, décédé à la suite d"une "longue et douloureuse maladie". Un cancer. Souvenir de ce jour là : je crois qu'il faisait gris. Mais peut être n'étaient ce que les costumes noirs des hommes présents à l'enterrement qui ont obscurci mon ciel de petite fille. Je revois la descente dans le caveau. Mais pas le visage de mes proches. Non. Juste des interrogations. Questions que je n'ai pas posées. J'aurais aimé le connaître mieux et plus longtemps ce grand père qui m'appelait "La fouine".

20 ans. L'année terrible. Je perds mon meilleur ami dans un accident bête. Il faisait du stop, la voiture qui l'a pris c'est retournée dans un virage. Il pleuvait à son enterrement. L'église était bondée, les larmes coulaient sur mon visage sans que je songe à les arrêter. Encore une fois un cercueil de bois clair qui descendait dans la bouche avide de la terre. Et la réfléxion d'une vieille qui assistait à tout les enterrements "Ah ben il avait plus de monde celui là, que celui d'hier" Je me souviens l'avoir insulté avant qu'on ne m'entraîne en dehors du cimetierre. Que serais tu devenu David si tu avais vécu ?

La même année, c'est mon parrain qui est rattrapé par le crabe. Couleurs claires à l'église, soleil même... Mon coeur se remet à saigner pour cet homme que je n'ai pas assez connu.

Il y a un an mon second grand père mourrait dans son sommeil. Sans souffrir. Et toujours cette impression de ne pas l'avoir assez aimer... Il a été rejoint cette année par ma grand mère qui s'est laissé aller et la rejoint le jour de son anniversaire. Regard terrible de ma tante en voyant me voyant en larmes dans Ses bras. Elle avait interdit à ses enfants de pleurer en public. Coeur de pierre...

Et les autres.... La liste est trop longue en fait. Ce garçon de 15 ans au lycée, Romain, Loîc et les autres...

Poignards plantés dans le coeur, qui le font saigner quand ils bougent. Heureusement pas trop souvent. Seulement quand je les laisse faire, seulement quand tout les souvenirs me submergent d'un seul coup sans prévenir. Quand mes défenses sont tombées. Demain elles seront à nouveau là et j'aurais oublié pourquoi ce soir j'aurais tellement pleuré.