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Tag - montparnasse

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Mardi, avril 6 2004

Comment passer une après midi à ne rien faire toute seule

Tout d’abord décider d’aller au ciné, voir 2 films qui seront retirés de l’affiche le lendemain.

Evidemment flâner autant qu’on peut en se rendant au ciné.

S’apercevoir que le printemps est à Paris, les arbres commencent à être vert et les balcons fleurissent timidement.

Se donner une fois de plus le vertige en regardant la Tour Montparnasse depuis le bas.

Rattraper son écharpe qui s’envole.

Sourire dans le vide en avançant vraiment très doucement.

Se rendre compte que la séance est dans moins de 10 minutes, donc presser le pas.

Rendu au ciné, attendre le début de la séance à l’entrée de la salle en compagnie s’une charmante vieille dame lisant Sartre. Du coup sortir Bridget Jones de son sac et commencer à le relire le sourire aux lèvres.

Entrer dans la salle pendant le générique de fin de la séance précédente.

Voir le film.

Ressortir de la salle en souriant dans le vide.

Prendre son ticket pour la séance suivante et sans attendre se rendre dans l’autre salle.

Lire le Figaroscope de la semaine précédente abandonné sur le fauteuil voisin.

Voir le film.

Ressortir à nouveau du ciné en se disant que “mouai bof”.

Avoir envie de sautiller joyeusement parce que dans moins d’une heure je le revois.

Filer dans une supérette pour acheter de quoi manger ce soir.

Entendre une voix virile murmurer dans votre oreille : “Très jolie!”.

Se demander à qui cela s’adresse jusqu’au moment de croiser le regard d’un type qui vous regarde en souriant.

Se dire qu’il a dû se tromper quelque part, mais sourire intérieurement. Les compliments gratuits ça fait toujours trèèèèèèèèèèèès plaisir

Rentrer doucement en balançant ses achats au bout du bras et courir au milieu des pigeons sur l’esplanade Océane.

Rentrer, et attendre impatiemment son baiser.

Samedi, mars 13 2004

Samedi soir sur Paris

Non non je ne suis pas fan de Cabrel, même si je repompe des morceaux de ses titres.

Je suis enfin sortie affronter la rue et le soleil de cette fin d’après midi. J’ai hésité à entrer dans la gare, j’avais faim et un Quick me tendait les bras. Je n’y suis pas allé. Toujours un peu de cette peur qui colle au ventre.

Je marche dans la rue, au milieu du large trottoir. J’évite les passants pressés, mon pas est toujours aussi lent, je n’ai pas envie de me presser. Il fait beau et j’en profite.

Je viens de découvrir que les plans lumineux à côté de la gare sont en fait des distributeur de plan. Pratique quand on ne connait pas mais je me demande à combien revient le plan entier de Paris si on en achète un par quartier ? A 75 Cents d’euros ça doit faire un plan à plus de 15 euros en tout et pour tout….

Sur la place, au pied de la tour Montparnasse, la patinoire a disparue. La place est à nouveau tout entière aux touristes, parisiens et clochards du coin. Marrant ça. Quand on se promène dans Paris, c’est dans les rues qu’on entend le moins parler français ! J’ai vaguement reconnu de l’anglais, de l’allemand, du neerlandais, des langues asiatiques, des langues africaines et ce que j’ai pris pour du russe et qui était en fait du polonais… A croire que les français se taisent quand ils sont dans les rues!

Une nouvelle fois j’ai levée les yeux vers la tour et le vertige qui m’a saisi a failli me jeter à terre. J’avais l’impression que la tour oscillait tout là haut et que le sol se dérobait en même temps sous mes pieds. Il n’était pas là pour me tenir la main et m’ancrer au sol, j’ai bien cru que j’allais tomber. Tout est rentré dans l’ordre quand un passant m’a bousculé. Je l’ai entendu marmonner un vague “pardon mademoiselle” et je n’ai vu de lui qu’un manteau gris surmonté d’un panache de fumée.

Je suis finalement atterri au Mc Do rue de Renne. La faim se tortillait dans mon ventre, mon dernier vrai repas remontant à plus de 24 heures. Je l’ai vaguement apaisé de produits vite avalés, assise à la va vite sur une chaise inconfortable. Il était sinistre ce mac Do d’ailleurs. Lumière glauque, sol rouge sale mâtiné de bleu marine, mobilier foncé, poubelles blanches… Tout cela n’incite pas au squattage plus que de raison.

Une bouffée d’air frais m’a accueilli à la sortie du pseudo restaurant. Je me suis longuement arrêté devant la devanture d’un fleuriste, détaillant les fleurs offertes à la vente et souriant en voyant que à Paris on vend des bouquet de chardons… 5 euros… Quand je pense que si on ne leur fais pas la guerre, chez moi, ils prolifèrent dans les jardins et les pelouses… C’est un peu risible je trouve dans le fond.

Je suis rentrée et j’attend de le retrouver à la sortie de son boulot. Au menu de ce soir, restaurant sans doute et peut être cinéma… On verra.