Ou presque.

Tu sais Clara, j’ai été pendant très longtemps en décalage avec tout le monde. Pour certain j’étais méchante, pour d’autres trop caustique ou encore trop cruche, mais la plupart du temps les gens m’ignoraient. Je n’étais pas quelqu’un “d’intéressant”. Trop plongée dans les bouquins, ne regardant pas la télé (c’était un choix et un goût de ma part), plus plongée dans les rêves que dans la réalité. Et ça les ado de ma génération ne comprennaient pas.

Je passerai sur mon physique plus que banal, attirant plus de moqueries que de sifflets d’admiration, sur mes goûts musicaux aussi (aimer le grunge, le heavy et le trash ça laisse des traces surtout quand on est en pleine explosion des Boys Band et que la majorité des filles n’aiment que les garçons tout propre sur eux) et aussi sur ma paresse congénitale. Oui, la paresse peut être un vice pour certains, surtout quand ils se rendent compte que la jeune fille qui en est affublé décroche sans bosser la 4ème place de la classe (bon ça m’est pas arrivée souvent il faut bien l’avouer, mais quand le sujet m’intéressait un tant soit peu les notes suivaient sans effort).

Bref j’ai été une adolescente comme les autres, peut être un peu renfermée, avec des moments de folies pure mais une chose m’a toujours guidé et me guide toujours : la curiosité. Pas la curiosité malsaine qui fait arrêter les gens pour “admirer” un accident ou écouter à la porte de son voisin quand y’a une engueulade, mais j’ai pris l’habitude très tôt de regarder partout autour de moi. Toujours et en tout lieu. Ca le fait rire Lui, parce que je vois souvent des trucs que les autres ne remarquent pas et je lui signale.

On trouve de la beauté dans presque n’importe quoi en fait. Même si ce n’est qu’un détail, une fleur, le chant d’un oiseau, le sourire d’un enfant, la caresse d’un animal, une note de musique, une mélodie qui traîne sous une fenêtre, une bise sur la joue, apercevoir le garçon pour qui votre coeur bat, une goutte de pluie sur un carreau, un arc en ciel pendant un orage, une statue, une fontaine, une fringue, une voiture, un regard…

Et même si le monde parait cruel, toute cette beauté le transcende. Quelqu’un a dit : c’est dans la nuit qu’on a besoin de croire au soleil. J’ai essayé d’appliquer cette citation. Même quand le désespoir me submergeait (pour des tas de raisons trop longues à expliquer), j’essayais de garder un bout de soleil dans mon coeur.

Et je crois que ça a porté ses fruits. J’ai une vision “gentille” des choses, parce que je pense toujours qu’il peut y avoir quelque chose de bon en quelqu’un.

Non je ne suis pas pratiquante, ni même plus croyante. Je l’ai été, un moment, mais vers 13/14 ans je me suis aperçue que ça ne servait à rien. Que tout était une façade et que les gens soit disant bien pensant et croyant, ne connaissent pas la pitié ni la charité chrétienne. J’ai dit l’autre jour à quelqu’un que je considère un peu comme une mère que je préférais être agnostique voire athée et rester telle que je suis, plutôt que de me dire croyante bigote et compagnie et avoir leur langue de vipère. Et elle, qui est croyante mais peu pratiquante m’a répondu : “Tu as raison, reste comme tu es.”

Je met beaucoup de moi dans mes notes, je me montre sans pudeur aucune parfois, mais c’est parce que je ne pense pas que ma petite vie, mes envies, mon amour pour Lui intéresse vraiment quelqu’un. J’ai commencé à écrire ici pour Lui et moi parce qu’il me manquait trop. J’avais besoin d’exprimer par des mots mon mal être quand il est loin de moi, quand j’ai besoin de lui. Il me lit, me commente de temps en temps et Il me prouve qu’il m’aime.

J’ai une vie plutôt jolie si on regarde bien c’est vrai. Je ne suis pas une nantie, je n’ai jamais eu beaucoup d’argent, je n’en aurais sans doute jamais parce que j’ai un lamentable manque d’ambition (autre que celui d’être heureuse et de rendre mon entourage heureux), j’ai une santé pas si mauvaise que ça, je suis amoureuse mais je crois que la vrai beauté de la vie (et pas que de la mienne) passe dans le regard.

Je ne suis pas d’une nature envieuse. Si quelqu’un se pointe en me montrant un truc qui coute très cher et que je sais que je ne pourrais jamais me payer, je serais contente pour lui/elle. Mais je n’irais pas dégoiser sur son dos par derrière parce que je voudrais la même chose et que je ne peux pas l’avoir. Je ne dit pas que je n’ai pas d’envies, j’en ai, comme tout le monde, mais j’ai appris que l’essentiel n’était pas matériel.

Pour finir une citation de St Exupéry que j’adore et que je replace partout : On ne voit bien qu’avec le coeur l’essentiel est invisible pour les yeux.

Et la vraie beauté est celle du coeur….