Le monde à Toonnette

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Samedi, septembre 5 2009

Perturbée

J’en suis encore estomaquée. Ca fait plusieurs jours que mon chéri et moi, on s’éclate en écoutant au moins une fois par jour le titre “Miss France” d’un dénommé Helmut Fritz. Alors que, à la base, c’est pas du tout notre genre de musique. Mais là… En suivant un lien sur le net, j’ai appris qui il était réellement et j’ai cru que ma mâchoire allait se décrocher.

J’ai d’abord piqué un fou rires en répétant en boucle “c’est pas vrai, j’y crois pas”. Parce que oui, ce type habillé de façon hmm ridicule, je le connais. Pour de vrai. Et depuis longtemps en plus. Cet Helmut Fritz, dont la biographie fantaisie et l’accent allemand épouvantable m’ont fait sourire, j’ai passé deux ans assise à la même table de cours que lui. Et j’avoue que, quelque part, qu’il passe à la télé et commence à être connu, ça ne m’étonne qu’à moitié en fait.

C’était la découverte du jour, et j’en ris encore.

(oui je n’en rajoute pas plus, je ne vais pas dévoiler les choses qu’il cache. D’ailleurs Eric, si tu passe par ici, je te bisoute sur le front :p )

Mercredi, mars 24 2004

"Je pensais à autre chose"

Voilà la réponse que je viens de lui faire... Je n'allais pas lui dire que j'avais les larmes aux yeux à cause d'une note dans le blog de "emmalatulipe" qui parlait de l'enterrement d'une enfant.

Non. Je n'allais pas exercer ce pouvoir de lui faire du mal parce qu'il sait que j'éprouve moi même de la tristesse. Pour une enfant inconnue... Mais si jeune...

Les larmes montent lentement, je revois tout les cercueils que j'ai déjà côtoyés. Le 1er à 5 ans... C'était mon grand père, décédé à la suite d"une "longue et douloureuse maladie". Un cancer. Souvenir de ce jour là : je crois qu'il faisait gris. Mais peut être n'étaient ce que les costumes noirs des hommes présents à l'enterrement qui ont obscurci mon ciel de petite fille. Je revois la descente dans le caveau. Mais pas le visage de mes proches. Non. Juste des interrogations. Questions que je n'ai pas posées. J'aurais aimé le connaître mieux et plus longtemps ce grand père qui m'appelait "La fouine".

20 ans. L'année terrible. Je perds mon meilleur ami dans un accident bête. Il faisait du stop, la voiture qui l'a pris c'est retournée dans un virage. Il pleuvait à son enterrement. L'église était bondée, les larmes coulaient sur mon visage sans que je songe à les arrêter. Encore une fois un cercueil de bois clair qui descendait dans la bouche avide de la terre. Et la réfléxion d'une vieille qui assistait à tout les enterrements "Ah ben il avait plus de monde celui là, que celui d'hier" Je me souviens l'avoir insulté avant qu'on ne m'entraîne en dehors du cimetierre. Que serais tu devenu David si tu avais vécu ?

La même année, c'est mon parrain qui est rattrapé par le crabe. Couleurs claires à l'église, soleil même... Mon coeur se remet à saigner pour cet homme que je n'ai pas assez connu.

Il y a un an mon second grand père mourrait dans son sommeil. Sans souffrir. Et toujours cette impression de ne pas l'avoir assez aimer... Il a été rejoint cette année par ma grand mère qui s'est laissé aller et la rejoint le jour de son anniversaire. Regard terrible de ma tante en voyant me voyant en larmes dans Ses bras. Elle avait interdit à ses enfants de pleurer en public. Coeur de pierre...

Et les autres.... La liste est trop longue en fait. Ce garçon de 15 ans au lycée, Romain, Loîc et les autres...

Poignards plantés dans le coeur, qui le font saigner quand ils bougent. Heureusement pas trop souvent. Seulement quand je les laisse faire, seulement quand tout les souvenirs me submergent d'un seul coup sans prévenir. Quand mes défenses sont tombées. Demain elles seront à nouveau là et j'aurais oublié pourquoi ce soir j'aurais tellement pleuré.

Samedi, janvier 24 2004

Pour la première fois...

Je n'ai pas tremblé sous ses lèvres.

Je ne parle pas de Lui, qui me fait frissonner juste avec le son de sa voix mais d'un autre.

Autre qui avait une très grande place dans ma vie, dans mon coeur, je crois que je l'ai aimé très fort pendant un moment.

J'ai souvent tremblé quand il m'embrassait sur la joue, quand il m'effleurait le front de ses lèvres. J'attendais plus. J'attendais ses lèvres sur les miennes, son corps sur le mien. Ses doigts qui voletaient dans mes cheveux, les ciseaux claquant à mes oreilles, son rire, son odeur, sa peau....

D'habitude quand je l'évoque, une intense nostalgie m'envahit. Nostalgie de ce qui a été, de ce qui aurait pu être, de ce que j'ai rêvé, de ce que j'ai reçu, de tout ce que j'ai donné. Mais pas là. J'étais simplement heureuse de le revoir, de discuter, de rire avec lui. Ca faisait tellement longtemps que ça ne nous étais pas arrivé. Simplement.

Je suis guérie de lui, je le sais depuis un moment, mais aujourd'hui a été la confirmation. Si mon amour n'était pas là, je ne sais pas ce que j'aurais pensé. Sans doute un ultime espoir se serait ranimé... J'aurais insisté pour le revoir vite, pour le réimposer dans ma vie, pour le "forcer" à me revoir (pas difficile, il bosse à 2 pas de mon boulot maintenant), pour tenter ce qui n'a pas été, et qui ne sera jamais.

Je n'aurais pas pensé à l'époque que le revoir serait aussi apaisant. Toutes les interrogations que je pouvait encore avoir à son propos ne sont plus, n'ont plus cours. Je sais qui j'aime et ce n'est plus lui.

Je suis heureuse, vraiment. J'aime, je suis aimé. Que demander de plus ?