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Suant et soufflant, tentant de faire le moins de bruit possible, elle traîne le lourd plastron de plaque jusqu'à la porte et l'abandonne sur l'herbe, près de l'entrée. Pliée en deux, elle essuie la sueur qui dégouline sur son visage, satisfaite d'avoir réussi toute seule à manier l'imposante armure de Cënëdril. Morceau par morceau, elle l'a porté dehors, le plus discrètement possible pour ne pas le réveiller, et les pièces d'armures sont à présent étalées devant elle, sous le auvent de la maison.

Il pleut à Darnassus depuis des heures, mais elle ne supporte plus de rester enfermée dans la maison où l'odeur des peaux fraîchement tannées se dispute avec l'odeur métallique du sang qu'il perd en quasi permanence désormais. Elle l'a lavé entièrement ce matin, malgré ses protestations, et quand son grand corps amaigri s'est abandonné sous ses mains elle a eu l'impression de baigner un enfant malade, tellement Cën est affaibli. Elle la fait asseoir sur un ballot de peau, se faisant la réflexion que sa maison manque cruellement de fauteuil parfois, et a drapé le lit de linge propre, sentant bon le savon et le grand air. Elle a replacé à côté de l'oreiller la fleur que Mahelys a apporté, pour qu'il puisse la voir rien qu'en tournant la tête, mais l'odeur discrète n'arrive pas à surpasser celle du sang qu'il perd.