Comme chaque année la foire expo s’installe au parc des expo de Vandoeuvre. Cette année, le pays invité d’honneur est la Russie et je dois dire que le pavillon qui leur a été réservé était très chouette. Un peu sombre mais sympa.
A vrai dire, vu la musique ambiante, la lumière et les objets exposés, le côté sombre était de mise. Musique russe avec un type qui jouait d’une sorte d’accordéon sur scène, la voix éraillé et une indicible nostalgie dans la mélodie, l’ambiance restait feutrée et au final de bon goût. Peu de visiteurs à l’heure où nous y sommes allés, ce qui nous a permi de traîner tranquillement et d’admirer les tableaux et les objets présentés, comme dans un musée.
Alors qu’à la base c’est une foire commerciale, ce pavillon mêle habilement culture, commerce et restauration.
Le restaurant occupait une grosse partie du pavillon, et contrairement à l’année dernière avec le Brésil, le restaurant ne ressemblait pas à une cantine. Sans doute le côté slave, avec une certaine retenue et une certaine pudeur, les tables étaient relativement petites (de 2 à 6 place), chandeliers et vaisselle blanc et les serveuses habillées de blanc et de rouge. Nous n’avons pas examiné les menus, mais les plats servis semblaient fort bon et copieux.
Des tableaux, avec, en vis a vis des costumes qu’on a plus l’habitude de voir en peinture qu’en vrai. Tous à vendre qui plus est, mais qui avait les moyen de mettre 5000 euros dans la copie du costume du couronnement d’une impératrice ? D’autres étaient moins cher, et à moins d’avoir : 1) une taille de guêpe style 36/38, 2) un bal du nouvel an à Vienne de prévu, ces costumes n’étaient là que pour leur beauté et non leur utilité. Splendide, vraiment, à voir avec des étoffes riches, épaisse, un sens du beau terrible, et en fin de compte une envie : porter cette magnifique robe grise surbrodée de dentelle noire…
Nous étions donc tout les deux en train d’admirer de la vaisselle en porcelaine peut être ? Aucune indication, des trucs très simple mais à la fois, (on sentait le luxe qui suait de la vitrine) et un prix 1400 euros l’ensemble, quand ma soeur est revenu avec mon neveu qui tenait une jolie petite poupée russe dans sa main. Peinte en jaune, vert et un peu de rouge, la blondinette montée en porte clé a un sourire qui a fait craquer mon choupinet, il ne l’a plus quitté de toute la soirée.
Au fait, vous savez d’où viennent ces petites poupées qu’on appelle matriochka ? Non ? Laissez moi vous raconter ce que j’ai appris hier soir alors… Wikipedia nous dit :
Cette tradition russe du XIXe siècle serait d’origine japonaise, inspirée par l’imagerie du dieu Fukuruma, du panthéon bouddhiste, représenté par une figurine enchassée dans d’autres plus grandes à l’identique. Ces poupées ont été introduites en France lors de l’exposition universelle de Paris de 1900.
Ajoutons à cela que :
Tout commence il y a à peine plus d’un siècle, à la fin du XIXème siècle, dans un atelier de jouets moscovite, propriété d’un riche marchand mécène de l’époque : Anatoli Ivanovitch Mamontov.
A cette époque faste pour la Russie en plein essor économique et culturel, les artisans locaux imaginent, en s’inspirant d’une poupée japonaise représentant un sage bouddhiste, une poupée gigogne de personnages en costume paysan ; La matrioshka est née ! (source Babouchka.fr)
Mais ce qui m’a le plus troublé, c’est cette explication, qui était d’ailleurs dans l’exposition…
Nombreux sont les Russes qui ignorent que ce jouet « typiquement russe » ne fut fabriqué en Russie qu’à partir de la fin du dix-neuvième siècle, d’après d’anciens objets japonais. J’ignore seulement quelle poupée japonaise peut bien avoir servi de modèle à la matriochka. Peut-être une kokeshi, cette poupée dont ma grand-mère m’a parlé un jour : il y a très longtemps, à l’époque où les habitants de son village vivaient dans une profonde misère, il arrivait que des femmes tuent leurs enfants aussitôt après la naissance pour éviter de devoir mourir de faim avec eux. Pour chaque enfant tué, on fabriquait une kokeshi, ce qui signifie « l’enfant-supprimé », pour qu’on n’oublie jamais qu’elles avaient survécu aux dépens des enfants. (source russie.net)
Finalement, ces jolies poupées au sourire éclatant ont un passé qui n’est pas aussi joyeux qu’on aurait pu le penser…
Hum pour finir sur une note un peu plus joyeuse, personne n’aurait en mp3 au autre “Schnappi das kleine Krokodil” ? C’est une musique qu’on a entendu hier soir en repartant, et mon neveu n’a pas arrêté de la chanter dans la voiture avant de s’endormir avec sa poupée dans la main.